Voir la beauté dans la naissance pour l’aborder sans crainte
DONNER LA VIE…
Quand on y pense, ces trois mots sont d’une incroyable puissance! On parle ici de la naissance d’un enfant, d’une petite personne – et de la naissance de ses parents par la même occasion…
Dans le langage courant, ce moment de la mise au monde est plutôt appelé « accouchement ». Mot plus lourd de sens généralement associé, dans l’inconscient collectif, à un moment dur et douloureux. Et la mise en avant du négatif, l’anticipation de chaque risque, les images d’accouchement douloureux voir dangereux véhiculées par les médias (films, reportages…), etc. alimentent fortement cette idée.
Craindre la naissance semble ainsi logique tant les représentations à son sujet peuvent être anxiogènes.
Dans la nature, sans tout cela, il ne serait pas nécessaire de préparer son mental pour accoucher car… c’est un phénomène normal et naturel qui a lieu depuis la nuit des temps. Notre vision de ce moment serait alors neutre, non empreinte de craintes ni de doutes.
Sans nier l’existence de certains risques ni de sensations parfois intenses, il est important de remettre de la raison, de la logique et de la beauté autour de cet événement. Et comme la magie de la naissance n’est pas le discours le plus répandu, se renseigner et se préparer permet de s’en faire une image plus neutre et de l’aborder sereinement.
Savoir trouver (ou retrouver) un état d’apaisement pendant le travail : une clef de la préparation mentale
De façon générale, le processus de naissance s’enclenche spontanément quand le foetus est arrivé à maturité et que la future maman est prête. Quand elle se sent en sécurité le cercle vertueux de la détente, propice au processus naturel se met en place.
A l’inverse, il est reconnu scientifiquement que le stress ou l’anxiété peuvent générer des complications lors de la naissance*.
En effet :
Qui dit stress ou angoisse dit sécrétion de cortisol, de catécholamines et d’adrénaline qui peuvent, si trop présents, inhiber la libération d’ocytocine, ralentir le travail, réduire le flux sanguin dans le muscle utérin et… créer des douleurs.
Autrement dit, lorsque la tête et les muscles se crispent – par peur d’avoir mal, de « devenir maman » ou autre – le corps résiste. Le cercle vicieux est alors engagé : stress, angoisse, cortisol, catécholamines, adrénaline, douleurs…
Savoir trouver un état calme et serein pour rester dans le cercle vertueux (ou y revenir après un moment stressant) est l’une des clés de la préparation mentale à la naissance.
Déconstruire ses croyances limitantes et apaiser ses peurs pour vivre un accouchement plus serein
Notre inconscient a intégré depuis l’enfance de nombreuses images négatives liées à la naissance et un raccourci est souvent fait autour de « la douleur ». Or, une des difficultés généralement omise de ce moment, est le passage à la vie parentale. Ce passage s’accompagne d’une prise de responsabilité importante envers un petit être, d’un questionnement sur le parent qu’on veut être (ou sur celui qu’on ne veut pas être), sur nos capacités, sur notre passé etc… Tout cela peut nourrir, chez la femme enceinte, différentes craintes qui reviennent fréquemment :
- Peur de l’inconnu, de la douleur, qu’une expérience passée difficile se reproduise, crainte qu’il arrive quelque chose
- Inquiétude à l’idée de devenir mère : histoire personnelle, relation à sa propre mère, doute sur ses capacités, peur de perdre sa vie d’avant
- Questionnements vis-à-vis du conjoint : sa place, son implication dans la parentalité
- Inquiétude pour le couple : comment la parentalité va transformer la relation
- Préoccupations professionnelles : reprise du travail, équilibre vie pro / perso
- Place de l’entourage : présence excessive ou au contraire absence des grands-parents
- Peurs financières ou logistiques liées à l’arrivée d’un enfant etc…
Conscientiser ses craintes permet d’en parler, de trouver des solutions et de se rassurer. Beaucoup paraîtront finalement futiles — voire auront totalement disparues — le jour où votre bébé pointera le bout de son nez. Si certaines persistent au cours de la grossesse, un accompagnement peut être pertinent pour éviter de les laisser resurgir pendant l’accouchement ou par la suite dans la maternité nouvelle.
Prendre conscience de ses forces et de ses ressources pour arriver préparée le jour J
Nous possédons tous un réservoir de ressources souvent insoupçonné. Les identifier permet d’arriver plus confiante le jour J, rassurée sur ses capacités intrinsèques à enfanter et à traverser les différentes étapes de la maternité.
S’accrocher à ses motivations profondes peut aussi être un levier actionnable si les contractions deviennent difficiles à gérer à un moment.
Différentes ressources externes existent aussi, le conjoint étant en première ligne. Des échanges pendant la grossesse sur les éléments aidants (gestes, paroles…) peuvent être une aide précieuse une fois à la maternité. Arrivent ensuite sage-femme et corps médical. Leur avoir partagé en amont le projet de naissance joue un rôle clef dans la bonne collaboration etc…
Activer chaque ressource à bon escient, en communiquant de façon précise et juste ses ressentis permet une fluidité de la relation et, si nécessaire, des actions cohérentes avec les souhaits des futurs parents.
Apprendre à se détendre et à revenir au calme
Chacun a sa propre façon de se relaxer. Repérer ce qui vous apaise et le noter permet de le réactiver le jour de l’accouchement dès les premiers signes de stress.
Objectif : rester le plus possible dans le cercle vertueux.
Si vos propres méthodes ne suffisent pas, d’autres techniques peuvent être d’excellents compléments telles que :
- la respiration consciente : respirer favorise l’oxygénation et initie la détente;
- la visualisation : aide à occuper l’esprit et à accompagner le corps pendant les contractions ;
- l’auto-hypnose : permet de créer un espace mental sécurisant ou d’apprivoiser les sensations.
Se sentir prête et en confiance le jour J
Tous ces questionnements, prises de conscience et outils augmentent considérablement vos chances de faire travailler en duo votre tête et votre corps le jour J pour une mise au monde douce et sereine de votre enfant. Et même si des imprévus surgissent, rester calme et confiante sera toujours un atout.
Conscientiser sa capacité à enfanter est une base précieuse pour aborder ensuite sereinement les débuts de sa vie de parents.
Se préparer à l'accouchement autrement
Conçu pour compléter un cursus habituel de préparation à la naissance le programme de préparation mentale vous permettra de préparer votre mental en conscientisant vos ressources et de découvrir des méthodes de respiration, visualisation et d’hypnose utiles pour la grossesse et l’accouchement.
*Sources :
Arvanitidou et al. (2023) – The Impact of Stress and Depression on the Outcome of Human Gestation
Slade et al. (2020) – Do stress and anxiety in early pregnancy affect the profress of labor : evidence from the wirral child health and development study
Walter et al. (2021) – The role of oxytocin and the effect of stress during childbirth
Uvnäs-Moberg et al. (2019) – Oxytocin during physiological childbirth
Livres : La naissance en BD – Découvrez vos super pouvoirs – Lucile Gomez
Hypnonaissance – Marie M. Mongan ;
Pas à pas : guide d’auto-préparation à l’accouchement par l’hypnose – Armelle Touyarot ;
La méthode hypnonatal – Lise Bartoli;
J’accouche bientôt, que faire de la douleur – Maïtie Trelaün
